À l’aide ! Quand rien ne va plus…

Publié dans le Magazine Speed, printemps 2008.

Épuisement professionnel ou déprime qui s’éternise, indécision et confusion qui paralysent, paniques, angoisses incontrôlables. Malgré notre recherche de bonheur, la vie est aussi faite de périodes sombres et il est parfois difficile de trouver l’aide dont on aurait besoin. Quand les amis et la famille ne suffisent plus, vers qui se tourner ? Un psychologue ? Un psychiatre ?« Mais, je ne suis pas fou ! »

Le médecin de famille (si vous en avez un) est généralement une bonne porte d’entrée pour recevoir une aide adaptée. Il devrait être en mesure de vous offrir un suivi médical et de vous référer au besoin à un autre professionnel, comme un psychiatre ou un psychologue. Vous pouvez aussi prendre les devants afin de trouver ce qui vous convient en matière de soutien. Voici quelques informations qui pourront vous aider à mieux choisir dans le cas où vous sentiriez le besoin de consulter directement un thérapeute, ce que vous pouvez faire en privé ou dans le réseau public, avec ou sans la référence d’un médecin.

L’impact des tabous

Les tabous entourant des difficultés d’ordre psychologique sont tenaces et constituent souvent une barrière à l’obtention de soins : par peur d’être jugé, on néglige de consulter. De plus, les symptômes sont souvent subtils, pernicieux : quelque chose ne va pas, mais quoi ?

Plusieurs facteurs peuvent expliquer l’apparition d’un trouble de santé mentale : la situation actuelle (un travail stressant et peu valorisant, un accident ou une consommation illicite par exemple), la génétique et l’histoire personnelle et familiale. Les troubles eux-mêmes sont très différents les uns des autres et ont des conséquences variées sur le fonctionnement d’une personne.

Pour recevoir de bons soins, il est préférable, comme pour toute affection ou maladie, d’avoir un bon diagnostic. C’est le rôle du médecin généraliste ou du psychiatre, ce dernier étant spécialisé en santé mentale. Le traitement prodigué consiste généralement à prescrire une médication appropriée et une thérapie si cela est jugé nécessaire. Ce suivi pourra être assuré par un service public (CLSC ou clinique externe) ou privé, selon la condition (et les moyens) du patient. Un médecin doit toutefois assurer le suivi de la médication prescrite. Le besoin de consulter un spécialiste peut faire peur de prime abord, mais ne signifie nullement qu’on soit devenu fou…

Consulter un psychologue

Le psychologue peut être un très bon allié afin de retrouver un équilibre. Quand on pense au «psy», on peut penser à cette personne inaccessible, peut-être même un peu froide, qui nous analyse. Au contraire, on peut aussi imaginer une personne exceptionnellement dévouée qui passe sa journée à entendre les problèmes des gens qu’elle reçoit. Que se passe-t-il derrière cette porte close ?

D’abord quelques éléments de clarification. Contrairement au psychiatre, le psychologue n’est pas médecin. C’est un professionnel membre de l’Ordre des psychologues du Québec, ordre qui veille à la qualité de la formation et des services offerts par ses membres. Pour en devenir membre, il faut avoir complété une formation de niveau maîtrise ou doctoral (le doctorat est obligatoire depuis quelques années). Une majorité de psychologues pratiquent la psychothérapie en privé ou dans le milieu de la santé et offrent des soins individuels, de couple ou de groupe.

N’étant pas médecin, le psychologue ne prescrit pas de médication. Il s’intéresse particulièrement aux comportements, aux émotions et aux pensées des personnes qui le consultent. Il travaille donc principalement, à l’aide du dialogue, sur les problèmes qui préoccupent le client. La psychothérapie vise à diminuer la détresse, à identifier les difficultés et les ressources de la personne, et à amener les changements nécessaires afin qu’elle retrouve un meilleur fonctionnement. Non, ce n’est pas l’équivalent de se parler à soi-même dans le miroir !

De multiples approches sont reconnues comme efficaces et il serait trop long de les aborder toutes ici. Il faut savoir simplement que certaines approches sont plus centrées sur les comportements et les pensées actuelles qui posent problème, tandis que d’autres vont davantage explorer le passé ou les émotions. Dans le cas d’une difficulté très ciblée, les approches de thérapie à court terme vont privilégier un traitement de 10 à 20 semaines. Le travail doit être d’une durée plus longue lorsque plusieurs aspects de la vie de la personne sont concernés. Il sera parfois utile au psychologue d’orienter son client vers un généraliste ou un psychiatre afin de clarifier le diagnostic ou de compléter le traitement par une médication.

Psychologue ou psychothérapeute ?

Actuellement, le psychothérapeute est une personne qui dit pratiquer la psychothérapie, que sa formation et son approche soient reconnues ou non. Le titre de psychothérapeute au Québec, comme dans la plupart des pays occidentaux, n’est pas réglementé à ce jour. Les professionnels qui font de la psychothérapie sont nombreux : médecins, psychologues, ergothérapeutes, infirmiers, travailleurs sociaux et conseillers en orientation, sans compter plusieurs autres intervenants qui ont une pratique sérieuse. On peut conclure qu’un nombre considérable de psychothérapeutes qui ne sont pas psychologues sont des intervenants expérimentés et fiables.

Les psychologues, comme les autres professionnels de la santé, sont tenus par leur code de déontologie de respecter des règles afin d’assurer la sécurité ainsi que la qualité des soins. Certaines personnes, bien intentionnées ou non, peuvent se désigner psychothérapeutes sans toutefois avoir de formation pertinente ou suffisante pour détecter et traiter les problèmes de manière adéquate.

Les conséquences peuvent être graves, car les personnes qui consultent risquent d’être vulnérables et leur sens critique moins affûté. Puisqu’il est difficile de s’y retrouver pour les gens peu familiers avec ces pratiques, il est recommandé de faire appel à un ou une thérapeute qui soit membre accrédité de l’une des professions mentionnées plus haut.

La confiance avant tout

Au-delà de ces considérations, soulignons l’importance de la qualité du lien qui se crée entre un thérapeute et son client. Il est démontré que l’efficacité repose davantage sur le lien de confiance qui s’établit dans la relation thérapeutique que sur le titre ou l’approche utilisée par le thérapeute. Il est donc essentiel de prendre le temps de choisir un professionnel qui nous inspire cette confiance. C’est grâce à la qualité de la relation que pourra naître le sentiment de sécurité nécessaire à la guérison des blessures de l’âme.

mars 05 2009 | La psychothérapie | Aucun commentaire »

Des vacances ou un burnout ? Avant de dépasser ses limites

Paru dans le Magazine Speed, été 2008.

S’il est un sujet délicat, c’est bien celui de la santé mentale : sujet de crainte devant l’inconnu et de honte. On croit trop souvent que la volonté devrait triompher de tout, qu’il devrait être facile de se montrer à la hauteur des exigences de la vie quotidienne et du travail. Attention! Trop, c’est trop. La détresse psychologique s’installe sournoisement, le plus souvent à votre insu.

Toujours plus vite et mieux
Avec les transports et les communications qui abolissent les distances, tout est devenu plus rapide dans le monde où nous vivons. D’une part, il s’agit d’une bonne chose puisqu’en donnant aux relations d’affaires et aux relations humaines une étendue jamais vue auparavant, le travail en est rendu plus efficace. Par ailleurs, la compétition est plus féroce et les exigences patronales et sociales suivent cette tendance.

Une étude récente donne un exemple frappant de cette accélération : depuis 1990, la vitesse de marche dans les villes de la planète aurait augmenté en moyenne de 10 %. Il s’agit là d’une image saisissante qui illustre l’impact de notre mode de vie et de notre conception du temps sur notre rythme corporel. Notre cœur battrait-il plus vite en moyenne qu’il y a dix ans?

En outre, la surcharge de travail et l’absence de marge d’erreur imposent des objectifs de perfection et d’infaillibilité souvent déraisonnables et difficilement atteignables. Les heures s’allongent, les appels sont incessants, sans parler des courriels. Les entreprises se retrouvent souvent dans un contexte de rationalisation, de fusion ou de croissance anarchique. Certains craignent de perdre leur poste et se soumettent à des pressions afin de satisfaire des exigences de plus en plus élevées, et ce parfois jusqu’au harcèlement. On pourrait également ajouter les impacts sur la qualité de vie personnelle, sociale et familiale, car ce sont aussi des domaines dans lesquels l’individu cultive des exigences de réussite élevées.

Bref, on doit trop souvent fonctionner en mode d’urgence, sans avoir le temps de planifier, de s’organiser, ou même de se calmer. De plus en plus d’études démontrent l’existence de liens entre ce mode de vie et plusieurs problèmes de santé.

Le stress : ami ou ennemi?
Jusqu’à un certain point, le stress, en produisant les réactions physiques d’adaptation, amène le corps à répondre de manière adéquate aux situations. Il n’est pas rare en effet de se sentir plus productif, plus attentif et efficace sous un certain stress. Le temps durant lequel le corps est capable de tolérer ce niveau de stress est cependant assez court. De plus, l’accumulation de sources variées de stress ou la prolongation de celui-ci peuvent être dommageables.

En réponse au stress, le corps produit une hormone, le cortisol. Cette hormone permet de générer l’énergie nécessaire pour susciter des comportements de peur (figer), de fuite ou d’attaque. En cas de stress chronique, ces réponses de l’organisme peuvent devenir erratiques et provoquer la dépression, l’anxiété et même le suicide. Ces impacts peuvent aussi affecter la santé physique : maladies cardiaques, cutanées, troubles digestifs, douleurs chroniques, etc.

Besoin de vacances
C’est trop exiger des vacances que de s’attendre à ce qu’elles réparent les effets du stress et de l’épuisement vécus durant l’année. Cela dit, vous n’êtes pas impuissant face au stress prolongé, au contraire. Deux options s’offrent à vous : réduire les sources de stress (éteindre le téléphone cellulaire, résoudre les conflits, se fixer des objectifs clairs et réalistes, etc.) et améliorer votre façon d’y faire face (apprendre à respirer, modifier ses pensées négatives, faire une chose à la fois, etc.).

On compte trop souvent sur les vacances pour briser ce rythme effréné et réduire le stress. Les vacances, c’est l’arrêt du travail pendant deux semaines ou plus, pour ceux qui en ont la chance. Certains par contre n’en ressentent ni le besoin ni l’utilité; pour ceux-là, il s’agit d’un vide qu’ils ne savent pas comment remplir. Pour d’autres, les vacances sont une telle nécessité qu’ils les veulent parfaites, reposantes et sans accrocs… et ils sont souvent déçus!

Préparez vos vacances mais ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier: tout au long de l’année, cultivez des intérêts variés et récupérez graduellement en fonction de vos besoins et de vos limites personnelles. Vous pourrez alors commencer vos vacances avec l’énergie et l’enthousiasme pour en profiter.

LES MOYENS À PRIVILÉGIER

  • Tracer une limite claire entre le travail et la vie personnelle;
  • Éviter de s’isoler ;
  • Accepter de se faire encourager par les autres;
  • Éviter de se comparer aux autres;
  • Se donner des objectifs réalistes et les respecter;
  • Apprendre à dire non;
  • Pratiquer une activité sportive agréable;
  • Prendre le temps de bien manger et de bien respirer.

mars 05 2009 | La psycho au quotidien | Aucun commentaire »

Ce n’est pas de la psychologie, mais… de l’amour !

Ouf ! Il y a tellement longtemps que je n’ai pris la plume que c’est presque gênant.

Je ne peux pourtant me retenir de vous inviter à lire le texte suivant, publié au Devoir par Josée Blanchette.  Elle y parle de ce qu’elle appelle la dépendance affective, de cette tendance très actuelle à idéaliser l’amour en Occident qui amènent certains, certaines, à fuir la solitude, à se sentir incomplets s’ils ne sont pas amoureux…. et à souffrir de la répétition des échecs de ces relations. Pour “Les junkies de l’amour“…

octobre 03 2008 | La psycho au quotidien | Aucun commentaire »

Vivre avec une personne en difficulté

Il peut être plus ou moins éprouvant pour l’entourage de voir souffrir une personne chère. Lorsqu’il s’agit d’une maladie mentale, s’ajoute à l’épreuve le poids du tabou et de l’incompréhension.

Il est difficile de sentir qu’on ne reconnaît plus tout à fait la personne à cause de ses réactions et de ses comportements étranges, irréfléchis, et parfois désespérés. Cela peut entraîner du découragement, de la peur, de la tristesse, de l’impatience, voir de la colère, du dégoût et l’envie de s’éloigner.

Plus le trouble est sévère, plus il implique de changements et de « bizarrerie » dans le contact avec les autres et avec la réalité ; je pense à la schizophrénie par exemple. Le coup porté aux relations sera d’autant plus important. Il le sera encore davantage si la personne refuse de s’engager dans une démarche de soins.

J’ai regardé avec intérêt un film qui s’intitule Lars and the real girl qui porte sur ce thème. Il s’agit d’un film rempli d’une rare sensibilité. Il raconte l’histoire de Lars, un homme incapable de relations sociales qui vit un épisode délirant : un jour il présente à son frère et à sa belle-sœur sa nouvelle amie de cœur, une poupée à dimension humaine. Il lui parle et est en relation avec elle un peu comme un enfant avec un ami imaginaire.

On découvrira à travers cette histoire une chose trop souvent oubliée : que « la maladie mentale n’est pas seulement une maladie » comme le dit le médecin dans une très belle scène « ça peut être aussi une façon de communiquer, de résoudre quelque chose » (traduction libre).

Cela est évidemment difficile à comprendre pour l’entourage, mais surtout ce sera difficile d’accepter la réalité du délire et de vivre avec de manière créative. Pour ce faire il auront besoin du médecin (on en voudrait davantage des comme ça !) et de la communauté.

Ce film correspond en fait à une vision très positive de la maladie mentale dans laquelle cette épreuve, si elle est bien traversée, sert à réparer : se parler vraiment, se pardonner à soi-même, réparer des liens, vivre un deuil, etc.

L’isolement fait des ravages pour les personnes qui doivent traverser ce type d’épreuve : cela est beaucoup trop lourd pour une ou deux personnes. Il est inévitable de se sentir dépassé. La personne malade a besoin d’aide, mais son entourage aussi.

De nombreux organismes dont la mission est d’offrir du soutien et de donner de l’information aux familles existent à travers le Québec. Vous pouvez obtenir leurs coordonnées sur le site de la Fédération des familles et amis de la personne atteinte de maladie mentale (FFAPAMM).

juin 10 2008 | La psycho au quotidien | Aucun commentaire »

La peur et l’empathie culturelle

Je ne suis toujours pas parvenue à la fin du rapport Bouchard-Taylor, qui constitue une lecture demandant toutes mes capacités intellectuelles par sa complexité et sa précision.

Ce que j’ai lu me semble juste, mesuré, nuancé, et offrir des pistes importantes de réflexion sur les rapports interculturels. Détentrice d’une maîtrise portant sur ce domaine je suis impressionnée par la rigueur et le doigté avec lequel les deux signataires abordent ces questions épineuses qui touchent les identités culturelles, les valeurs et les comportements qui s’entre-choquent dans ce type de rapports sociaux.

Ce qui me sidère par contre, c’est la rapidité avec laquelle les politiciens ont fait des déclarations importantes dans ce dossier (voir entre autres, l’édition du 23 mai du Devoir pour des articles complets sur cette question) : par exemple, les décisions concernant la place du crucifix à l’Assemblée Nationale, la prière dans les conseils municipaux, etc. Cela tient de la précipitation, à mon avis.

Cette attitude correspond tout à fait à ce que notent les deux commissaires au début de leur rapport :

“Les Québécois d’origine canadienne-française doivent être plus conscients des répercussions de leurs inquiétudes auprès des groupes minoritaires. Ces derniers ont sans aucun doute été alertés récemment par l’image d’une majorité ethnoculturelle apparemment peu sûre d’elle-même et sujette à des mouvements d’humeur.” (p.21)

Cette condition constitue pour eux une prémisse de base afin de parvenir à “conjuguer les différences culturelles” (p.21). Parmi ces conditions, je note aussi celle de ne pas céder à la peur ou au rejet de l’autre ainsi que celle de lutter contre les inégalités et la pauvreté. Cette dernière condition prend tout son sens lorsqu’on constate ce qui se passe présentement en Afrique du Sud, où des travailleurs migrants sont assassinés car ils sont accusés de voler les emplois. Il s’agit évidemment d’un tout autre contexte dans lequel la pauvreté est beaucoup plus criante.

Il faut cependant retenir que la peur et la colère peuvent mener à bien des dérives, qu’il s’agisse des rapports entre les individus ou entre les groupes. Ces émotions puissantes entraînent une diminution importante de la capacité d’empathie qui, en plus d’une bonne connaissance de la culture et une bonne confiance en soi, est une des conditions essentielles à de bons rapports entre les cultures.

Certains politiciens semblent peu au fait de ces nuances et confondent “aplatventrisme” avec empathie. Ils sont subjugués par l’action au détriment de la réflexion et surtout au détriment du dialogue auquel nous convient Bouchard et Taylor dans leur texte.

mai 27 2008 | Relations interculturelles and La psycho au quotidien | Aucun commentaire »

À venir…

Je me mets à la lecture du rapport Bouchard-Taylor… il fait tout de même 310 pages !

On a pas fini d’en entendre parler, ça vaut la peine de savoir de quoi il s’agit.

En attendant, je viens de découvrir un blogue (écrit en anglais par un francophone) sur les rapports entre francos et anglos au Canada. Je vous invite à le visiter ici. Faut pas se fier au titre, bien que le sujet ait un potentiel explosif, les débats sont civilisés. Intéressant.

mai 22 2008 | Relations interculturelles | Aucun commentaire »

En l’honneur des femmes

Je n’ai encore jamais parlé de mon intérêt pour les relations interculturelles et pour tout ce qui se passe dans le monde qui nous entoure. Lire ici : ce qu’on appelle parfois le “tiers monde”, expression consacrée qui représente si peu sa réalité.

On a peu de contacts et d’informations sur ce “monde” dans les informations traditionnelles alors que de multiples projets s’y déroulent de manière constante. Voici une autre forme d’information, il s’agit en fait d’un projet artistique nommé Women are Heroes ! mené par le photographe JR en collaboration avec Médecins Sans Frontières.

Voici un extrait du dossier de presse :

“Au départ : un intérêt commun, celui d’honorer le sort des femmes à la fois fortes et vulnérables, qui occupent une position centrale dans toutes situations y compris les crises humanitaires les plus aiguës. Une volonté partagée ensuite : celle de s’associer pour mettre en avant ces femmes qui déploient une force extraordinaire pour assurer la survie de leurs proches et qui font preuve d’une farouche volonté de s’en sortir.
Pour se faire, JR est parti photographier ces femmes à l’objectif 28 millimètres dans leur vie quotidienne au Kenya, au Sud-Soudan, au Sierra Leone et au Libéria. L’expressivité des portraits obtenus témoigne de la force, du courage et de l’envie de se battre qui les animent pour vivre, et exister. Aussi, avant de les afficher sur les murs du centre-ville de Bruxelles, JR et son équipe sont d’abord retournés sur le terrain pour coller le portrait de ces femmes au milieu des leurs, en Sierra Leone (Bo) et au Liberia (Monrovia).”

Ces portraits gigantesques ne manquent pas de faire réagir et toutes les photos sont disponibles sur le site ainsi que les témoignages (parfois très durs, parfois touchants) des femmes au sujet de leur histoire et de leur réalité.

Cette présence au cœur de nos villes occidentales (car il exposera ailleurs dans le monde) peut aussi servir à nous rappeler que nous vivons tous sur la même planète, chose que le petit écran nous fait trop souvent oublier.

mai 06 2008 | Relations interculturelles | Aucun commentaire »

Liens entre cerveau et psychothérapie

Je suis restée trop longtemps sans mettre à jour mon site. Il s’agit d’une discipline que je trouve plus difficile à acquérir que prévu !

J’ai ajouté aujourd’hui un lien vers un site que je trouve fort pertinent : Le cerveau à tous les niveaux (voir ma blogoliste). Il s’agit d’un site de référence sur lequel vous pourrez trouver des explications claires et concrètes au sujet de différents phénomènes liés à l’activité cérébrale : le langage, le mouvement, les émotions, la dépression et l’anxiété, et j’en passe. Notez que vous pouvez choisir le niveau de précision des informations en cliquant sur des onglets “débutant”, “intermédiaire” ou “avancé”.

Je reviendrai sans doute sur ces thèmes puisqu’un tout nouveau courant de pointe en psychothérapie vise non seulement à mieux comprendre les liens entre le cerveau et les difficultés qu’une personne présente, mais à comprendre comment la psychothérapie agit sur le cerveau pour réparer les blessures du Soi.

Une conférence internationale se tiendra à ce sujet du 25 au 28 juillet à Montréal, Québec, dont le thème sera “Le Soi et ses conflits“. D’autres conférences sur ce thème viendront, notamment au Colloque de l’Ordre des psychologues du Québec (OPQ) qui se tiendra à l’automne ainsi que par le groupe de recherche en neurogestalt du Centre d’intervention gestaltiste (CIG).

Étant donné que mon intérêt pour la vulgarisation se précise de plus en plus, je tenterai de transmettre graduellement ces connaissances de pointe.

En attendant, le site mentionné plus haut est une source précieuse d’informations pour les personnes désireuses de mieux comprendre d’un point de vue physiologique ce qui ce passe en elles.

avril 25 2008 | Le cerveau and La psychothérapie | Aucun commentaire »

La vie quotidienne et… le sexe

Une étude américaine qui pourrait paraître plutôt cocasse mais qui s’avère sérieuse démontre que “les hommes qui partagent les tâches ménagères améliorent l’harmonie au sein de leur couple et pourraient avoir une vie sexuelle plus satisfaisante” (La Presse, le 6 mars 2008). Si les tensions dans un couple sont souvent causées par la vie quotidienne et le partage des tâches, l’harmonie, elle, se reflète souvent dans la qualité de la vie sexuelle du couple.

«Quand les hommes font plus de travaux à la maison, la perception des femmes concernant l’équité et la satisfaction matrimoniale augmentent, et le couple traverse moins de conflits», selon le rapport publié récemment par le Council on Contemporary Families (CCF). Il aurait ainsi moins de risque de divorce.

Ainsi, «les femmes disent ressentir plus d’attirance sexuelle et plus d’affection envers leurs maris s’ils participent aux tâches ménagères» précise plus loin Joshua Coleman, psychologue :

“Equitable sharing of housework is associated with higher levels of marital satisfaction — and sometimes more sex too! Wives report greater feelings of sexual interest and affection for husbands who participate in housework.”

Mais attention : il serait crucial par ailleurs lorsqu’il y a des enfants de préserver des moments pour favoriser la vitalité du couple. Ainsi, autant il est important de passer du temps avec les enfants, autant il est crucial pour la vie à deux de se réserver des moments afin de nourrir la complicité dans le couple.

Il faut donc développer un sens de l’organisation à toute épreuve pour, en plus du travail, partager les tâches ménagères, passer du temps avec les enfants et se réserver des moments à deux, sans oublier la famille et les amis… et ne pas s’oublier soi-même dans tout ça !

Cela peut paraître essouflant, mais selon les principes de la médecine chinoise, prendre soin de sa vie sexuelle fait aussi partie d’une bonne « hygiène de vie » : « l’énergie sexuelle qui est contenue et élaborée par les ovaires et les testicules est un de nos grands réservoirs d’énergie vitale. Sachant contacter cette énergie, nous apprenons à nous régénérer pour entretenir les forces dont nous avons besoin pour vivre » (Dr Flaumenbaum, Femme désirée, femme désirante, Payot, 2006).

Selon cette logique, consacrer du temps à votre couple et à faire l’amour vous aidera à traverser les épreuves de la vie quotidienne en vous donnant davantage d’énergie, et le partage des tâches devrait aider les deux partenaires à en avoir l’envie… quel beau cercle “vicieux” !

Bon ménage du printemps !

mars 16 2008 | La psycho au quotidien | Aucun commentaire »

Psychothérapeute : un titre bientôt réservé

Depuis plusieurs années, l’Ordre des psychologues du Québec (OPQ) ainsi que d’autres ordres professionnels et associations concernées se penchent sur la manière adéquate de régir la pratique de la psychothérapie. Jusqu’à maintenant en effet, n’importe qui peut s’afficher psychothérapeute, peu importe ses compétences, sa formation, son expérience professionnelle. Avec la loi 50 cela ne sera plus possible, ce qui est une très bonne nouvelle pour le public.

Les personnes qui pourront porter le titre de psychothérapeute auront à obtenir un permis de pratique qui sera délivré par l’OPQ. Une formation suffisante et reconnue sera exigée ainsi qu’un certain nombre d’heures de pratique supervisée par un professionnel reconnu.

Attention : cette loi n’est cependant pas encore adoptée et il faudra encore quelques années avant que le long processus ne soit complété ; dans l’article du Devoir d’aujourd’hui, on parle de trois ans (voir l’article de Mme Rioux Souci).

D’ici là, comment faire pour choisir un psychothérapeute ? Il s’agit préférablement d’obtenir une référence de la part d’un professionnel comme un médecin par exemple ou de la part de personnes qui consultent et en qui vous avez confiance. Sinon, voici des services de référence qu’il est possible de contacter : l’Ordre des Psychologues du Québec ; la Société Québécoise des psychothérapeutes professionnels ; l’Ordre des travailleurs sociaux et l’Ordre des conseillers en orientation et psychoéducateurs du Québec.

MAJ:

Pour consulter le mémoire de l’ordre des psychologues présenté à l’Assemblée Nationale (document pdf d’une quinzaine de pages : très clair !).

Pour visualiser l’audience à l’Assemblée Nationale du Québec concernant l’application de la loi 50 (présentation de 15 min par Rose-Marie Charest, présidente de l’OPQ suivie d’une période de questions, pour une durée totale de 50 minutes).

À la lecture (et à l’écoute) de ces documents et malgré ma connaissance du processus en cours, je suis impressionnée de l’ampleur du travail qui a été effectué et de l’ouverture dont ont fait preuve les 6 ordres professionnels qui sont impliqués. Par ailleurs, je suis un peu sceptique lorsque je vois que :

“Puisque le public associe déjà le psychologue et le médecin à l’exercice de la psychothérapie,
ces derniers ne seront pas tenus de porter le titre de psychothérapeute. Tout autre
professionnel devra faire précéder son titre de psychothérapeute de son premier
titre professionnel, par exemple « infirmière psychothérapeute ». De cette façon, le
public sera mieux informé.”

Je trouve que tous les professionnels devraient avoir à montrer le même niveau de compétence et donc avoir aussi à informer le public en portant un titre précis qui l’indique sans équivoque tel que recommandait le rapport Trudeau (p. 100) :

“Concernant la réserve du titre de psychothérapeute, le Comité d’experts propose :
− que le titre soit réservé;
− que le psychothérapeute fasse obligatoirement précéder le titre de psychothérapeute de son titre professionnel initial (ex. : ergothérapeute psychothérapeute);
− que le médecin et le psychologue, lorsqu’ils choisissent d’utiliser le titre de psychothérapeute, fassent obligatoirement précéder le titre de psychothérapeute de leur titre pro-fessionnel, soit « médecin psychothérapeute » et « psychologue psychothérapeute ».

On devrait donc voir aussi “psychologue psychothérapeute” et “psychiatre psychothérapeute” ! Trop de médecins et beaucoup de psychologues, par ailleurs compétents dans leur domaine, ne pratiquent pas la psychothérapie (n’y sont pas formés) pour que cette confusion soit maintenue.

mars 11 2008 | La psychothérapie | Aucun commentaire »

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